09 décembre 2007
L'escalier
Consigne : cette image et l'incipit "Je n’ai pas mis les bonnes chaussures"
Je n’ai pas mis les bonnes chaussures
Pourtant je n’ai pas ralenti l’allure
Le sol était bien trop mouillé
Quand j’ai abordé les escaliers..
La première marche je l’ai loupée
En vain, j’ai tenté de me rattraper
Comme un château de cartes bancal
... une chute collective radicale
J’ai entendu plein de jurons
« vous pouvez pas faire attention ! »
Mais deux yeux bleus un peu anxieux
M’ont transportée dans les cieux
« vous avez mal Mademoiselle ? »
Moi j’ai plongé dans ses prunelles
Doucement il m’a pris la cheville
J’ai senti une odeur de vanille
Sur mon pied tout bleui et foulé
Il m’a déposé un baiser
Et il m’a prise par la main
Moi j’ai béni le p’tit crachin
Qu’avait mouillé les escaliers
M’avait permis de l’renconter
J’avais pas mis les bonnes chaussures
Mais j’ai trouvé la bonne pointure !
08 décembre 2007
Les Tentations de Tante Babette
Consigne : cette image et l'incipit "tante Babette prit une profonde inspiration..."
Tante Babette prit une profonde inspiration…
Devant ces gâteaux elle est en admiration
Si elle succombe, quelle sera sa punition ?
Elle se demande... Enfer et damnation?
Tante Babette est une grande gourmande
De tous les gâteaux elle est très friande
Les spéculos… elle en ferait des guirlandes
Ou pourquoi pas une jolie houppelande
Tante Babette a beaucoup de diabète
Son docteur lui a fait un pense-bête
Mais elle jouera les analphabètes
Les idées tournent vite dans sa petite tête !
Tante Babette a pris un grand panier
Et méthodiquement l’a rempli en entier
Bien vite, elle a filé jusqu’au caissier
Et elle est retournée dans son quartier
Tante Babette s’est allongée sur son ottomane
Elle a mis un disque aux rumeurs océanes
Déchirant des dents le papier cellophane
Elle s’est empiffrée comme une sultane…
Tante Babette dans les cieux a rejoint ses aïeux
Le bon Dieu, les saints et les bienheureux.
Saint Pierre pour le bilan n’a pas été chatouilleux
Il aime bien ceux qui savent mourir heureux.
29 octobre 2007
Le cri
Incipit : Mauvaise nouvelle le quai du métro est noir de monde
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Mauvaise nouvelle, le quai du métro est noir de monde !
De cela je m’en souviens. Je vais être en retard…
Mon cœur s’accélère, je déteste la foule. Je joue des coudes, je me faufile, il ne faut pas que je le rate ce métro là ! En face, une affiche attire mon regard… des barres enchevêtrées s’impriment dans ma tête, me font vaciller. Elles sont hypnotiques et augmentent mon malaise. J’ai respiré, essayé de détourner mon regard.
De tout cela je m’en souviens parfaitement.
Et puis, j’ai rejoint John. Nous nous sommes retrouvés dans notre cachette, à l’angle de l’avenue…. Chut j’ai promis de le garder secret cet endroit… on n’a pas le droit de se voir ! Lui mon bel athlète blond… moi la « beurette » comme ils disent… Rencontre miraculeuse de deux êtres au-delà des conventions, du racisme.
J’ai retrouvé ses bras, son sourire, ses lèvres pour ces moments de bonheur au petit matin, avant qu’il ne parte au travail, qu’il ne se fasse absorber par ce monde des affaires…
On partira, il me l’a promis. On ira loin de la grande cité, dans un pays de soleil où l’on pourra s’aimer au grand jour.
La seule chose que je me souvienne encore de ce matin là, c’est que depuis notre cachette, j’ai ouvert les yeux et derrière les barreaux de notre cachette, les buildings reflétaient le soleil dans leurs surfaces vitrées, comme un champ d’étoiles.
Un trou. Juste un immense bruit dans ma tête, une déchirure dans le ciel, une odeur âcre dans ma gorge.
En un instant, plus de sons, le cri est resté pour l’éternité dans ma gorge.
Quand je suis sortie de la nuit, je m’en souviens parfaitement. Le silence était impressionnant. J’étais terrassée sur le sol, mon John était sur moi. J’ai senti son poids, un liquide visqueux, comme des larmes de vie.
J’ai voulu crier. Le cri est resté dans ma gorge. J’ai levé les yeux, l’affiche et ses barres enchevêtrées étaient là… au milieu d’un nuage de poussière.
Je me souviens très bien. J’étais à Manhattan, ce mardi 11 septembre.
12 octobre 2007
La Quête
La consigne cette fois se terminera par la phrase :
il lui donna solennellement les clés de la maison.
et l'image est un sublime escalier avec une rampe...
Elle remonte le fleuve peu à peu. De sa queue gracile, elle ondoie dans le fleuve Roi, sa longue chevelure se déploie tel un drapeau.
Elle a trouvé l’embouchure à Port-Saint-Louis-du-Rhône… un coup de hasard… voilà des jours, des semaines, des mois, des années, des siècles sans doute qu’elle nage entre deux eaux, avec pour toute compagnie les dauphins, les mouettes et les poissons volants.
Elle en a croisé des bateaux, elle en a croisé des îles, elle en a croisé des ports.
Jamais elle ne s’est arrêtée… une fuite… une fuite éperdue… mais que fuyait-elle donc ?
Elle a beau essayer se rappeler, tout est si loin… elle a tant et tant nagé. Tant de lunes se sont reflétées sur l’eau, tant de soleils ont éclaboussé la mer avant de s’y plonger.
Et voilà, il y a là quelques jours, tout a changé. Elle a cru reconnaître une odeur, un rivage ? Elle a vu des flamants roses survoler le ciel, leur long cou déchirant le ciel…. Elle a senti l’odeur des marais…
… et les souvenirs sont remontés à la surface comme des bulles légères…
… un escalier, une rampe en ogive, et son père menaçant en haut, la chassant après la découverte de son Amant dans sa chambre…. Elle a couru … et s’est cachée dans le fleuve pour échapper au couvent promis… et là le grand trou….
Elle a roulé, tourbillonné, les anges l’ont emmené, profond, toujours plus profond. Au fin fond de la vie, à la limite de l’inconnu, de l’autre rive.
Jusqu’où a-t-elle parcouru le chemin de l’au-delà ? elle ne sait pas. Mais un jour elle a repris conscience sur un rocher… Sauvée. Elle était sauvée. Quel prince des eaux ou quelle fée ondine lui avait permis de survivre ? Et depuis, telle un poisson, elle nage dans un rêve de quête éternelle.
Elle remonte le courant petit à petit. Le beau fleuve a bien changé, elle a été surprise par les écluses… par les flaques noires, les détritus… et cette odeur qui n’était pas du tout celle de ses souvenirs…
Mais son instinct la guide, c’est là.
Au détour d’un méandre, elle aperçoit enfin… les escaliers, la rampe en ogive, la bâtisse derrière.
Péniblement elle se hisse sur la rive.
- Me voilà dit-elle
En haut de l’escalier, diaphane, lumineux, beau comme un Dieu, il est là son Amant.
Il descend vers elle, les yeux dans ses yeux et..
il lui donna solennellement les clés de la maison.
06 octobre 2007
Tu seras un homme, mon Fils
Consigne : cette image et l'incipit "je lui ai dit de se taire"
Tu seras un homme, mon fils.
Je lui ai dit de se taire…
J’ai la tête qui éclate Je garde les stigmates De ses mots de ses cris Et le jour et la nuit…
Je lui ai dit de se taire…
Elle n'en a rien à faire Bien trop autoritaire D’un doigt accusateur Je suis son déshonneur
Je lui ai dit de se taire…
Je ne suis pas son garçon Ce n’est pas une trahison Pas même un vaudeville Je voulais être une fille..
Je lui ai dit de se taire…
« Tu seras un homme mon fils » Dois-je faire le sacrifice ? La rage dans mes oreilles J’ai saisi les bouteilles… … J’lui avais dit de se taire Monsieur le Commissaire. | |||
10 septembre 2007
Oeil de boeuf.. quoi de neuf ?
Ca y est ! la rentrée c'est fait... j'ai repris la plume, cherché mes mots... et je me fais la promesse de...
mais chuttttttt !!
Consigne : une image et le texte commencera par cet incipit:
L'horloge indique vingt deux heures trente, mais elle est en avance...
Oeil de boeuf.... quoi de neuf ??
L’horloge indique 22h30… mais elle est en avance.
...
Dans sa petite chambrette
Lucette fait sa toilette
Elle attend son amant
Un garçon si charmant
...
Elle a mis sa nuisette
Décorée de violettes
Il n’est que dix heures
Calme tes ardeurs…
...
Oeil de bœuf..
Quoi de neuf ?
...
L’horloge indique 23h30…. mais elle est en avance.
...
Dans la petite chambrette
Elle grille une cigarette
Elle trépigne d’impatience
Mais pourquoi ce silence ?
...
N’est-elle qu’une amusette
Bonne pour les galipettes ?
Il est déjà onze heures
N’est-il qu’un cavaleur ?
...
Œil de bœuf…
Quoi de neuf ?
...
L’horloge indique minuit et demie… mais elle est en avance.
...
Dans la petite chambrette
Lucette la midinette
A perdu sa candeur
Envolé le bonheur...
...
Miroirs aux alouettes
Pour la petite Brunette
Promesses d’un été…
Minuit a sonné au clocher
...
Œil de bœuf…
Quoi de neuf ?
...
« … j’ai senti une larme qui courait sur ma joue…
un parfum de violette … léger comme un bisou
et en bas de l’immeuble, une fleur éclatée
une simple soubrette qui gît sur le pavé ».
26 juillet 2007
Rencontre choc
Consigne : Votre texte commencera par cet incipit " La surprise est de taille..."
La surprise est de taille.
Je marche derrière eux, le nez dans les nuages comme d’habitude. Casse gueule… oui surtout sur ces petits pavés, même pas jointés.
Je lèche avidement les devantures des boutiques, à la recherche de la petite robe qui… du petit pantalon qui…
Ah oui ! Je suis invitée ce soir par mon petit ami qui organise une soirée – une boum comme du temps de ma mère ils disaient !
Et voilà…. Je n’ai RIEN à me mettre… enfin rien de bien seyant, un peu sexy, un peu cool enfin vous voyez quoi ?
De quoi friser une grosse dépression ! Mon corps d’adolescente trop vite poussé, je ne m’y sens pas à l’aise ! Et ces rondeurs ? Faudra m’y habituer.
Lui ? Je l’ai rencontré à la salle de gym… musclé de partout avec des tablettes de chocolat qui n’ont rien à envier au chocolat Meunier !
Moi j’étais en train de trimer sur ma machine à diminuer mes cuisses, à muscler mon ventre, à effacer les petits bourrelets… là …. et là !!
C’est comme cela que tout a commencé. Il a posé sa main sur mon ventre histoire de sentir si je contractais bien mes abdominaux. Elle était chaude sa main. Et enjôleur son sourire. On a rit. Et on a été boire un café après.... et puis il m’a embrassé. Quand j’ai raconté cela à ma copine Gisèle, elle n’en revenait pas !! Tout juste si elle m’a cru !
Alors là quand hier au soir, il m’a invitée à sa soirée, c’était vraiment le top !
Depuis, je suis sur mon petit nuage rose… surtout que… vais-je vous le dire ? Il m’a demandé de rester après ! Le grand jeu quoi !
C’est la première fois qu’un garçon me demande cela… j’ai même chipé des préservatifs à ma grande sœur car j’ai bien décidé de franchir le pas. Etre vierge encore à quatorze ans, c’est un peu ringard, non ?
Alors voilà, je casse ma tirelire et je vais m’acheter… peut-être cette petite jupe virevoltante avec le petit haut échancré ? ou bien alors ce pantalon taille basse trop top ! On verrait le joli tatouage que je me suis fait faire au bas du dos !
Vlan ! ils se sont arrêtés brusquement devant moi et évidemment on s’est télescopé !
Mais ??? ils s’embrassent ???
La surprise est de taille : c’est "mon" petit ami avec ma copine Gisèle !
07 décembre 2005
Double flèche
Sujet : écrire à partir de l'image...
J’y suis là. J’ai retrouvé. La clairière. Le sous-bois et les grands sapins.
J’ai cherché longtemps. J’avais oublié de semer mes petits cailloux comme le petit poucet quand j’étais venue...
J’ai tourné, viré. Je me suis perdue. Je suis revenue sur mes pas.
Ca y est ! Je l’ai retrouvé. L’arbre. Notre arbre. Non, mon arbre. Ce n’est plus le notre, ce n’est plus que le mien. Puisqu’il m’a quitté.
Je vais retrouver l’écorce gravée. Le cœur avec nos initiales. Et la flèche.
Je me souviens avec nostalgie de cette après-midi là. Où l’on s’était aimés. Nus au soleil. Je lui ai tout donné. Mon cœur et mon corps. Ma peau nue. Ma virginité. Mon regard troublé au seuil de devenir femme. Nous avons bu jusqu’à l’ivresse cet amour d’été.
Il avait dansé autour de l’arbre, après l’acte, la danse du scalp, heureux, amoureux. Et de son canif, il avait éternisé sur l’écorce ce bonheur, notre bonheur. Eternels. Nous serons éternels, m’avait-il dit…
Quinze jours après… quelle éternité ! … il courait vers d’autres jupes, d’autres amours… me laissant dans ma première déception, mon premier chagrin.
C’était l’été dernier. Je suis revenue et je veux effacer ce mensonge, retirer de cette écorce la marque de cette infamie. Je veux lui redonner sa virginité en quelque sorte.
J’ai gratté, effacé. Tout remis à neuf. Et puis j’ai tourné autour de l’arbre, et là… je me suis cognée dans ce petit arbre. Ce petit rejeton qui n’était pas là l’été dernier. J’en suis sûre. La flèche de Cupidon m’a atteinte une seconde fois…
Je me suis agenouillée là, la main sur mon ventre vide, et j’ai pleuré.
25 novembre 2005
Demain matin...
Consigne 3 : Le texte doit commencer par "sa chambre est là au 3e étage".
Sa chambre est là… au 3e étage.
Sa chambre ? Oui, elle est encore un peu à elle, cette chambre. Elle, elle n’est plus de ce monde. Car ce monde, elle l’a quitté, là, dans cette chambre du 3e étage.
Au gaz. Elle s’est suicidée au gaz. Grand ouvert, le robinet. Grand ouvert pour qu’elle le respire à grand poumons. Cet air qui pour elle était l’air de la liberté.
La liberté ? Vous vous foutez du monde à la clamer cette liberté ! Liberté de quoi ? De se faire bafouer, violer, au fond d’une cave et que tout le monde trouve cela normal ?
Sa chambre est là au 3e étage. Elle a cru à la liberté. Elle a cru en ces discours républicains. Elle a même renié sa religion, ses parents, toutes les choses qu’on lui avait apprises. Elle y a cru à vos beaux discours d’accueil, d’intégration, d’avenir, de paix, d’égalité, de fraternité. D’études aussi. Elles les a suivies ses études, sérieusement. Relever le défi. Aller plus haut.
Et puis la réalité est là. Ils l’ont coincée au fond de la cave. Ils ont abusé d’elle. L’un après l’autre. Pour lui faire comprendre. Comprendre quoi ? Que ce sont les hommes qui dirigent toujours ?
Elle a retenu leurs têtes, gravées au fond de son âme. Tous. Depuis les minables propagateurs de drogue aux encore plus minables propagateurs de haine.
Elle ne les oubliera pas. Elle les emmène dans l’au-delà.
Demain matin, au 3e étage, l’odeur du gaz sortira de sa porte.. alertant les voisins, les responsables de cette cage à lapin, les forces de police.
Quand ils ouvriront la porte, ce sera trop tard pour elle.
La liste qu'ils trouveront ira sans doute à la poubelle, quel crédit peut-on donner à une petite beur d'à peine quinze ans ?
22 novembre 2005
Un cri.
Consigne 2
Avec comme première phrase: "j'ai la tête qui tourne..."
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J’ai la tête qui tourne… je ne voulais pas… Une lumière bleue, blafarde, Qui bientôt s’estompe mon âme est restée là, dans cette salle de bain… L’ambulance hurle, retentit dans la nuit. Autour de moi, ils s'agitent Laissez mes bras, retirez cette aiguille Mon cœur est resté là-bas Sur les mosaïques bleues Mon amour est parti Mon ventre s’est arrondi… Ecoutez dans la nuit C’est un corps qu’ils emmènent Toutes sirènes hurlantes. Plus loin que l’océan, Au delà de ce bleu Qui ressemble à des larmes, Nous irons mon enfant Oublier nos tourments. Dans la nuit sombre Une ambulance roule En silence…












