24 juillet 2007
Dessine-moi des arabesques
Dessine-moi des arabesques.
Ils sont quatre. Dans le bleu de l’azur, leurs ailes scintillantes tracent des boucles qui dentellent le ciel.
Voler ? une passion qui les anime, leur fouaille les tripes. Quand la pesanteur se fait plus lourde, quand le sang monte à la tête, quand leurs corps tout vibrants suent à grosses gouttes.
Liberté. Ils ont quitté le sol, le quotidien, les drames, les guerres, les petits tracas des terriens.
De là-haut, la planète est bleue, la terre semble si douce et si belle.
Liberté. Ils en ont rêvé des jours et des nuits, depuis qu’ils étaient petits. Ils ont suivi les formations, transpiré, appris encore et encore. Vomi aussi. Toutes leurs tripes. C’est le prix à payer. Ils se sont acharnés, la sélection est dure.
Leur passion, ils la vivent si fort qu’ils n’hésitent pas à défier la mort qui rode toujours, à la merci du moindre défaut mécanique, de la moindre ivresse, du moindre écart.
Ils volent, c’est un rêve, une utopie. C’est leur vie.
Des héros ? non … ou bien si…. car eux, ils ont concrétisé leur rêve et mis des ailes au bout de leurs doigts.
Tout à l’heure, quand ils redescendront au sol, ils redeviendront de simples terriens.
Ils sont libres, telles des alouettes ils montent dans le ciel. Haut. Toujours plus haut. Là-haut. Encore plus haut. Ils dansent et emmêlent leur traînée.
Ils sont quatre, mais ils volent comme un. Chacun sa place. Surveiller les autres.
Avec leurs arabesques dans le ciel, ils offrent un ballet minutieusement réglé, programmé.
Ils sont quatre. Pourquoi nagent-ils ensemble ? Ils aiment les jeux et ils tracent des courbes d’un ensemble parfait. Leurs corps souples dessinent des courbes et avec bonheur ils sentent le fil de l’eau sur leurs flancs lisses.
Ils habillent la mer de leurs folles arabesques, jouent avec les vagues. Ils virevoltent sous l'eau en faisant des virages, des rotations autour de l'axe de leur corps, des plongées profondes. On ne les voit plus. Et d’un coup ils émergent et sautent hors de l'eau.
On dirait qu’un fil invisible les attache tant ils nagent dans un ensemble parfait
Ils sont libres. Oh oui de moins en moins…. Ils ont appris à se méfier des filets dans lesquels ils s’empêtrent et à se méfier de l’orque et du requin leurs ennemis héréditaires. Mais ils aiment les hommes, recherchent leur compagnie, et se laissent apprivoiser pour faire briller les yeux des petits dans les piscines des grands espaces ludiques. Ils aiment les applaudissements et faire plaisir à l’homme, la femme, l’enfant qui joue avec lui.
Ces quatre là sont libres. Au fond de leurs entrailles, est déjà inscrite la pollution, le péril de leur vie et la mer résonne encore de leurs pleurs quand un des leurs est pris au piège.
Ils n’ont pas eu besoin d’apprendre pour savoir nager, danser, virevolter. Pas de souffrance non rien que du plaisir. C’est inscrit dans leurs gènes.
L’eau est leur scène. L’air en est le prolongement. Danse synchronisée, seules les sirènes au fond de l’océan admirent leurs volutes. Et les marins quand ils les aperçoivent ont leurs yeux qui se teintent de rêves turquoise.
Ils sont huit. Reflets du ciel dans la mer. Projection de la mer dans le ciel.
Leurs folles arabesques semblent s’être emmêlées comme une seule symphonie.
Admirez les fuselages et le corps des cétacés… forme identique élancée et rapide fendant l’air, fendant l’eau.
Leur esprit est le même : soif de jouer, de danser, de s’élancer. Liberté, danser la liberté. Aujourd’hui, maintenant, tout de suite. Qu’importe demain.
Je suis le Petit Prince devant ce spectacle. Merci au magicien qui a entendu ma demande :
« Dis, dessine-moi des arabesques » ?
06 juillet 2007
Avec mon coquillage
Avec mon coquillage …
je viderai la mer
et je retrouverai
les trésors enfouis
dans le profond du sable…
Avec mon coquillage…
Je remplirai mon seau
De tant d’eau
De tant d’eau
Que mes yeux ont coulé
Avec mon coquillage…
Je me f’rais exploratrice
Telle un bernard l’ermite
Je sonderais les creux et j’irai
Me cacher au fin fond de la niche
Avec mon coquillage…
J’écouterais la mer
Celle de Trenet
Qui danse le long
Le long des golfes clairs
Avec mon coquillage…
J’ai tant rêvé rêvé…
J’l’ai pas vue arriver
La grande vague
Qui a mangé tout cru…
…le paysage, le seau et mon coquillage.
21 juin 2007
Merci l'étrangère
Merci l'étrangère
Ouf ! Je n’en pouvais plus moi… Voilà des siècles que je suis étalée là dans cet amphithéâtre à tout vent, toute pluie, tout soleil ! En plein cagnard … oui ! Et rien pour m’abriter.
Ah elle m’en a fait une belle peau l’érosion.. et j’en ai vu passer des jours et des jours.. et des nuits sans lune .. et des matins glacials.
J’y ai même vu des jeux affreux dans ces arènes là… avec des romains prétentieux qui s’asseyaient dans leurs grands fauteuils…
Et les esclaves qui, de là haut, dans le déambulatoire, regardaient … et applaudissaient … et oui … sinon c’est eux que l’on aurait envoyé dans l’arène …
Des jeunes femmes sacrifiées au nom d’une religion, de puissants gladiateurs au corps d’ébène qui s’entretuaient.
Et voilà depuis une dizaine – une vingtaine d’années… - je m’y perds moi dans toutes ces années qui défilent avec leur nouveau calendrier ….
Oui … depuis ces dernières années… ils sont par troupeaux entier à arriver ici les touristes… tous groupés auprès de « guides » comme ils disent… mais ils guident quoi ?? vers où ??? Ah ils me font bien rire … ou non plutôt pleurer.
Ils sont affublés de casquette, lunettes, appareils, bouteilles d’eau.. les enfants piaillent , les filles posent dans les gradins. Il y en a même qui sont rouges… plus rouges que la braise.
Et que je m’extasie….
- vous avez vu toutes ces pierres par terre ?
- mais comment ont ils pu construire cela … à leur époque ?
Et moi … dans tout cela ?
Moi … on m’ignore… on m’ignore ou pire… on se moque de moi ..
Un gamin l’autre jour a dit ..
- ouaf ! regardez celle-là ! Elle a le nez bouffé ! Et ses cheveux … on dirait une pieuvre …
Ce que j’ai été vexée… je ne peux pas vous le dire.. car enfin personne ne sait donc que j’étais belle… belle… si belle que Hadrien ne jurait que par moi…
Ah ce bel empereur, je l’avais séduit avec mes cheveux d’or… et ma bouche carmin .
Et nos nuits étaient comme des soleils, nimbés d’or, les paroles de vermeil tombaient de sa bouche comme gouttes de miel… et moi je les buvais… je m’abreuvais…
Mais tout cela c’était avant. Avant qu’il ne rencontre cet éphèbe d’Anthinöus …. Ce petit jeune au corps d’albâtre qui s’est mis à l’idôlatrer cet Hadrien.
L’idôlatrer à tel point … qu’il s’est suicidé. Oui sacrifié. Quelle plus belle preuve d’amour ?
Ah ! les dieux n’ont pas été contents de cette belle offrande là. Les dieux aiment les offrandes que l’on fait à eux.
Alors voilà. Ils se sont vengés… et moi je sais ma ville là-bas, tout près … engloutie sous les flots. Et même les sarcophages – ah mes aieux… - paraît-il qu’ils flottent !
Hadrien est reparti … et moi je me suis retrouvée en statue … là devant cet amphithéâtre qu’ils avaient construit ces romains.
Voilà ma pénitence ? Mais de quoi me punit-on ?
D’accord, c’est vrai… c’est moi qui ait sussuré à ce jeune éphèbe …enfin… oui, oui … je lui ai guidé la main ? Mais c’est quand même lui qui l’a fait ? Il était bien bête après tout… moi si je vous dis d’aller vous jeter du haut de la falaise… vous ne le feriez pas, non ?
Alors c’est vrai quoi…
Les dieux sont mysogines … Ils auraient pu plutôt punir Hadrien car quand même il entretenait des relations « délicates » dirons-nous avec ce jeune éphèbe ?
Oui, oui… j’ai entendu dire Hadrien… il serait mort en mangeant du fromage, mais vous n’allez pas me mettre cela sur le dos en plus ?
Merci l’étrangère…
Elle est venue avec un de ces troupeaux là. Mais ses yeux étaient rêveurs, sa main était douce quand elle a caressé mon visage.
« Tu ressembles à un soleil… » a t’elle murmuré.
Ses doigts ont retracé en l’air la forme de mon visage, magicien chirurgien esthétique pour me reonstituer le nez.
« Je reviendrai » a t’elle promis.
Merci l’étrangère.
Elle est revenue. La nuit. Légère comme un songe. Elle m’a pris dans ses bras, elle s’est envolée avec moi… j’ai redécouvert sous ses ailes le pays que je chérissais tant .
J’ai découvert horrifiée ce qu’était devenue mon ile Kekova victime d’un séisme … punition des dieux.
J’ai reconnu les petits escaliers qui nous menait à la mer, j’ai deviné dans les pans de mur la maison qui abritait nos amours..
Elle m’a déposée là dans les flots.
« La mer est réparatrice des souffrances, des brûlures. » m’a t’elle dit.
Elle avait raison… l’étrangère
Elle a effacé le feu de la honte, la marque rouge qui empêchait mon âme de s’en aller dans les jardins de la sérénité.
Demain … à l’aube mon âme sera libérée.. je ne serai plus qu’une statue qui flotte à la surface de la mer.
Merci l'étrangère
25 janvier 2007
Re-vivre
Après avoir coupé tous les ponts y compris ceux qui menaient à moi-même, m'être perdue dans l'amertume de mes souvenirs et le désert de mon présent..
je me suis fait un cadeau : la promesse de re-vivre, de colorer mon ciel, ma vie, mes rêves, mes amours.
De croquer dans la vie, de la déguster, de la savourer. D'en extraire encore de multiples bonheurs, petites joies simples à deux sous, grandes espérances.... qu'importe ?
Re-vivre.
Parce que, au bout, et c'est déjà si proche... là-bas irrémédiablement mon soleil plongera dans l'horizon.
01 mai 2006
... trois brins
Comme trois petites notes de musique, je vous offre ces trois petits brins avec toute mon amitié.
19 avril 2006
Renaître... ailleurs
Deux mois... deux mois pleins que j'ai déserté cet endroit.. répondant à peine à vos inquiétudes, vos questions...
J'ai quitté la plume, mes propres questionnements pour rentrer en action.
Renaître. Le vouloir. Le faire. Choisir la vie. Loin d'ici. Quitter le monde du rêve et des si... et rerentrer dans la réalité.
Cet ailleurs, il est là, maintenant à portée de main. Un peu épuisée par un travail de rénovation de ma maison pour m'en séparer... redonner une image de neuf de terminé à quelque chose qui ici ne l'a jamais été.
Je m'y suis plongée. M'y suis noyée. Avec la persévérance et l'outrance qui me caractérise. L'idée de perfection... de petits travaux en petits travaux... je suis arrivée au bout.
J'ai décollé de moi le passé minable rattaché à ce lieu... ces amours manquées... ces espérances enterrées de renouveau.
Je vais renaître loin d'ici. Dernière fugue, derniers espoirs, derniers rêves. J'irais au delà de moi. Car je ne peux plus vivre comme cela.
Retour en Provence. Vers le soleil. Vers cette région où j'ai été heureuse.
J'abandonne sur ces plages d'Atlantique les vieux débris de mon passé.
Encore entre deux eaux, mais je vais survivre.
Là bas à l'horizon, le ciel se dégage. Le Mistral m'aidera à prendre mon envol... et le soleil sèchera les restes de mes pleurs.
19 février 2006
des larmes chaudes...
Larmes chaudes
Sur une entrée datant de juillet, une de mes premières, je viens d’avoir un nouveau commentaire. Je me permets de vous le livrer ici, car il a suscité chez moi une réflexion.
« Je retrouve ce soir moi aussi cet adagio si souvent entendu mais jamais nommé. En cherchant quelques liens je suis tombée sur ton site. A la lecture de ce texte si intime, emportée moi aussi à l'instant par ces notes sombres et tragiques, je me sens en plein émoi et pleure de larmes chaudes. J'espère qu'aujourd'hui la vie t'a choisie. »
Cela faisait longtemps que je n'avais pas relu ce texte «1965 : été de tous les dangers».
Je trouve – avec le recul - combien mes cris à cette époque là étaient étouffés et combien aujourd'hui - même au travers d'allégories - je crie davantage les souffrances qui ont fait partie de ma vie – de façon indélébile…
Cette libération là, je pense qu'elle est venue par l'écriture… J’écris de plus en plus par allégorie mais quelle importance ? Derrière ces mots, il y a ma vraie vie qui n’a pas d’intérêt en elle-même.
Alors ce petit lien qui est venu ce matin, trouvé par son auteur au travers de recherche Google, est en fait une réponse à une question que je me pose depuis quelques temps.
Exprimer sur un blog des choses très personnelles, crier, se révolter est-il salutaire ou fait-on revivre des souffrances passées leur redonnant corps et nous faisant glisser peu à peu vers un état que l’on pourrait qualifier de dépressif ?
Mes derniers textes il est évident que je n’aurais jamais pu les écrire sous cette forme en juillet dernier.
Je suis passée en quelque sorte d’un mode passif à un mode actif. Du silence aux cris.
C’est vrai que c’est douloureux, que je me sens mal dans ma peau, avec moi-même. Mais j’exprime enfin les NON que je taisais.
J’enfante – dans la douleur certes – de ce qui aurait dû toujours être « moi ».
Il était temps… Briser les chaînes !
Je ne sais pas – chère lectrice – si la vie m’a choisie aujourd’hui mais en 2006, j’ai décidé de choisir LA vie, choisir MA vie…
… comme le chemin est long !!!
14 février 2006
pour vous...
31 janvier 2006
J'ai attrapé la balle et... je vous la renvoie !
voilà ce jeu là... me vient de Valclair
... Merci, je prends la balle au bond pour narrer six faits aléatoires...
Le temps de mettre mes tennis, ma jupette plissée et mon bandeau pour empêcher que les gouttes de sueur me gènent la vision. Je prends ma raquette ... et hop ! je la renvoie dans la blogosphère ! (mais non pas la raquette !!) la balle....
Six faits aléatoires pour me découvrir un peu...
1) l'amour du tennis : non raté ! C'est une blague ! Je ne sais pas jouer et en plus ayant quelques problèmes de vision, la balle arrive trop vite, alors le temps de la voir.... zou !!! elle est partie ! J'ai essayé une fois... c'est bien lourd ces raquettes là et j'ai déclenché plus d'hilarité chez les spectateurs... que de commentaires avantageux sur mon superbe "jeu de jambe".... Adieu tennis... et autres sports de balle : je ne suis pas l'Amélie de la blogosphère !!
2) l'amour de l'humour : ah cela me ressemble davantage ! Avec l'humour on peut dire bien des choses, encaisser bien des choses. Passer des pleurs au sourire, puis au rire. Seulement, vous le savez, pratiquer l'humour, c'est hyper difficile ! Ce qui fait que, parfois, l'humour on le reçoit mal ou on l'envoie mal ! Et là c'est pire qu'au tennis car les blessures de l'âme que l'on peut engendrer... elles mettent du temps à cicatriser.
3) l'amour de l'amour... je suis une éternelle amoureuse. Rien ne peut détruire mon amour de l'amour. Parce que l'amour c'est ce qui éclaire nos jours, nos nuits... nous donne le ressort, l'allant... et quand on reçoit l'amour, on a encore envie de le repartager. De le renvoyer au centuple à l'autre. C'est vrai que dès fois, l'amour vous quitte. Il faut franchir alors des déserts, la soif au coeur, chaque goutte de rosée rencontrée vous permet de survivre un jour de plus... car là-bas, au fond, il y a toujours des oasis... Il suffit de marcher et on y arrive. Si, si ....
4) l'amour de l'espoir : ce mot-là, il faut le chouchouter. Ne pas le laisser s'éteindre, pâlir. Le redonner à ceux qui le perdent. C'est la petite flamme. Parfois, je crois la perdre. Mais elle est là, toujours présente même si je ne la vois pas. Il y a toujours un(e) ami(e) qui souffle doucement pour ranimer cette flamme et me redonner courage. Merci à ces raviveurs de flamme...
5) l'amour de la Liberté : parler espoir sans parler Liberté ne m'est pas concevable ! La Liberté qu'il faut protéger encore et toujours ! Celle avec le L majuscule car sans elle pas d'amour, pas d'humour, ... et souvent pas d'espoir.
6) l'amour de la Vie : c'est tout ce qui me donne l'envie, la nature au printemps, l'océan qui gronde, le soleil qui me réchauffe, une fleur qui éclot, un zéphir de vent, trois notes de valse, quatre pas dans le sable les pieds nus, la douceur de la main d'un de mes petits-enfants qui vient dans la mienne en toute confiance, la voix de l'amie que je n'ai pas entendue depuis longtemps, les larmes versées quand mon coeur déborde, les étoiles qui brillent dans un ciel d'été, le vol des oiseaux qui écrit mon rêve de voyage, un voilier qui griffe l'horizon...
Alors maintenant je renvoie la balle à
- Arcadia
- Céline
- Alice
.... merci à eux !30 janvier 2006
... Je voudrais vous dire...
avec le temps...
avec le temps, va, tout s'en va
on oublie les passions et l'on oublie les voix
qui vous disaient tout bas les mots des pauvres gens
ne rentre pas trop tard, surtout ne prends pas froid
avec le temps...
avec le temps, va, tout s'en va
et l'on se sent blanchi comme un cheval fourbu
et l'on se sent glacé dans un lit de hasard
et l'on se sent tout seul peut-être mais peinard
et l'on se sent floué par les années perdues- alors vraiment
avec le temps on n'aime plus...
… sa voix s’éteint… son image s’en va.
Le temps semble s’être arrêté, impalpable, éternel.
La magie des prouesses techniques vient de faire revivre pour nous un Léo Ferré, déjà plus tout jeune, c’est vrai, en duo avec Richard Cocciente. Ce dernier, humble, semble écrasé par le grand maitre, le grand penseur, le grand poète.
Moi je n’ai vu que le regard de Léo Ferré. Droit dans nos yeux, il nous confesse l’hiver, le temps de la vieillesse. La souffrance de l’âme à l’état pur, la solitude, et au bout de tout cela, quand le temps a encore succédé au temps, il nous confie que vient le temps où l’on trouve la sérénité du non désir, du non regret, du non amour…
Ces paroles laissent un tel écho en moi… que si la magie d’un elfe me permettait de vous parler directement, monsieur Léo Ferré,
je voudrais vous dire…
Avec le temps, avec le temps …
Moi je n’ai pas oublié votre voix
Le temps s’en est allé,
mais vous êtes toujours là.
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Le temps, ogre barbare
qui bouffe nos passions,
Dilapidant nos forces
Il crève nos illusions…
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Il emporte avec lui
Nos printemps, nos étés
Balaie furieusement
La folle farandole
De nos feuilles d’automne
Et quand l’hiver arrive
dans son grand drap de neige
Il gèle nos pensées
Endort nos espérances
Rouille nos amours passées…
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Le temps vous a couché
dans un lit éternel…
Le temps s’en est allé
Nous laissant seuls
Sans vous…
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Mais ce soir,
Votre voix s’est élevée
Je vous ai écouté…
J’ai retrouvé intacte
L’émotion que j’ai eu
au Palais du Pharo
un soir d’été, en 1971.
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Avec le temps va, tout s’en va
Le temps s’en est allé
Avec le temps,
On t’aime toujours.
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Avec tout mon respect.














